Débuts

  • Chercher, se renseigner 

Durant vos deux ans, vous serez amenés à chercher de l’information, que ce soit pour des formalités administratives ou pour votre formation académique. Il ne faut pas attendre les services et information. Dites-vous bien qu’il n’y aura personne qui viendra vous servir l’information jusqu’à votre porte. En prépa, on n’aime pas les fainéants. Bougez pour obtenir l’information.

Cela peut sembler un peu vague, mais je ferai, en guise d’exemple, référence à votre inscription en prépa. De mes souvenirs, c’est extrêmement pénible si l’on ne détient pas l’information, les dates limites, les documents demandés, … Pour avoir ces informations, il faut demander, personne ne vous recalera car cela est tout à fait de votre droit.

 

  • Eté 

Vous avez probablement vu votre nom dans la liste principale ou la liste d’attente de la prépa de votre région, et vous avez tranché quant au fait que vous voulez continuer vos études dans une Grande Ecole, et vous avez opté donc pour la prépa. Maintenant, tout est doit être fait pour réaliser le but ultime.

D’abord, commençons par parler un peu de votre classement. Par mon expérience, il n’y a pas de corrélation claire entre votre classement sur la liste principale/attente et la qualité de votre parcours en prépa. La raison étant que, le critère quantitatif utilisé pour déterminer votre classement d’entrée en prépa (à savoir vos notes bac, dotées de certains poids) n’a pas de conséquence directe sur votre prestation et travail en prépa. Et puisque ce sont ces derniers qui donneront les bons résultats en prépa, vous n’avez ni à vous inquiéter si vous n’êtes pas dans le top 20 de la liste principale ni d’ailleurs à croire que vous êtes déjà sur le toit du monde parce que vous avez eu un « bon » classement. J’ai personnellement vu des élèves qui étaient en liste d’attente ou dans le bas de la liste principale faire de très bonnes écoles parce qu’ils ont travaillé. Inspirez-vous d’eux !

Ensuite, il faut s’inscrire dans le centre que vous avez choisi. Utilisez vos, désormais, acquis sur la recherche d’information dont on a brièvement parlé tout à l’heure. Croyez-moi, ça ne sera pas une évidence.

Enfin, vous vous demandez probablement si vous devez faire quoi que ce soit pour préparer votre entrée en lice dans le monde (miniature) de la prépa. La réponse à cette question est quasiment connue de tous, mais ma contribution ici sera de vous l’expliquer, comme souvent d’ailleurs : Il ne faut pas forcément travailler pendant l’été, parce que les premiers chapitres ne sont pas nouveaux pour vous et vous vous adapterez progressivement au rythme. En revanche, le travail qui peut être fait est la lecture des œuvres de Français. Vous devez impérativement lire vos œuvres, les comprendre et les annoter. Si vous n’êtes pas un amateur de la lecture, tout comme moi en début de prépa d’ailleurs (entre camarades du ténébreux club des flemmards, on se comprend 😉 ), prenez une œuvre, celle qui vous intéresse le plus (il y a toujours une œuvre philosophique, un gros roman et un petit roman/ une pièce de théâtre dont les sujets s’inscrivent dans le thème de l’année que vous connaissez déjà probablement) et concentrez-vous sur celle-ci, lisez là et comprenez là de fond en comble, prenez des notes vous me remercierez pendant l’année. La lecture des œuvres est importante en première année uniquement parce qu’elle vous servira de matière dans vos entraînements à la dissertation. Et si vous n’apprenez pas à disserter en Sup, ça sera compliqué en Spé si vous n’avez pas déjà des talents innés, car vous avez d’autres chats, monstrueux possédant 7 vies, à fouetter dans d’autres matières.

Je récapitule : il faut faire un petit effort concernant la lecture des œuvres, mais tout autre travail n’est pas nécessaire et est à vos risques. En effet, la prépa est plus une épreuve d’endurance qu’une épreuve de rapidité. Il y aura, comme ce fut le cas depuis les premiers taupins il y a des siècles, des élèves ayant abordé certaines parties du programme en Maths et Physique. Si vous êtes de ces personnes, ne vous écroulez pas en fin d’année, vous le regretterez amèrement. Si vous n’êtes pas de ces personnes, que vous avez préféré dormir et manger pendant les vacances, vous ne risquez absolument rien, et ne laissez pas des personnes malveillantes vous intimider. La prépa se fait en deux ans, si des camarades choisissent de commencer un an avant, vous avez toujours quasiment les mêmes chances aux concours parce que deux ans c’est suffisant, et vous aurez les mêmes écoles et peut-être mieux quand d’autres auront mis en réalité trois ans ou plus. Si vous étiez en Sciences Physiques et que vous allez en MP, donnez vous quelques jours, pas plus, pour vous mettre à l’aise avec l’Algèbre Générale qui est connue de vos camarades Sciences Mathématiques.

  • Livres 

Normalement, vous devez avoir des cours, puis des TD pour appliquer votre cours et l’approfondir et ensuite des DM et DL pour aller plus loin. Mais aucun professeur, même ce professeur si expérimenté qu’on adore tous, ne peut vous faire parcourir tous les aspects d’une notion ou d’un chapitre parce qu’il n’en a pas le temps, et peut-être pas l’intention, dépendant du concours auquel il prépare votre classe. Ainsi, après avoir compris tout le cours du professeur et avoir cherché tous les TD du professeur dans le temps imparti, vous pouvez complémenter vos connaissances avec des bouquins. Mais ne faîtes pas dans le bachotage : il est inutile de résoudre tous les exercices de tous les livres, d’abord parce que c’est impossible vu le temps que vous avez, et ensuite parce que vous n’en avez pas besoin pour réussir vos concours (le but ultime). Pour réussir vos concours, il vous faut apprendre des méthodes de résolution, des façons de raisonner, réfléchir. Si à l’écrit vous pouvez échapper grâce au bachotage, à l’oral ça ne passera pas et vous serez très vite à découvert. Dites-vous bien que les écrits ne sont qu’une idée récente des Grandes Ecoles pour faire face au nombre grandissant de candidats, mais il y a des années, les concours ne se composaient que d’épreuves orales, car c’est justement les méthodes de réflexion des candidats qui intéressent les examinateurs, pas la quantité d’exercices qu’ils ont pu faire.

Pour choisir vos livres, je vous conseille de ne pas trop suivre les réputations : c’est du cas par cas. La meilleure technique pour choisir ses livres, c’est de les essayer : Empruntez le livre qui vous intéresse à la bibliothèque ou à un camarade, ou trouvez-en un extrait sur Internet, et essayez-le, travaillez dessus pendant un petit temps et regardez si la méthode d’exposer, de penser, de résoudre de l’auteur du livre vous convient parce que c’est celle-ci que vous copierez. Choisissez des livres qui soient dans votre niveau pour progresser. Il est illusoire de croire qu’on apprend à raisonner en travaillant sur Oraux X-ENS en Sup, je vous épargne le doute : c’est impossible, sauf si vous avez déjà des acquis de Sup avant la prépa, ce qui signifie qu’en quelque sorte vous n’êtes pas en Sup, dans ce cas là gardez ça pour vous et ne déstabilisez pas vos camarades qui eux sont physiquement et intellectuellement en Sup.

Matières

  • Mathématiques

En première année, vous devez acquérir les méthodes de travail. En fait, vous ne passez aucun concours en fin de première année et vous ne devez donc pas faire de bilan prématuré en vous basant sur vos notes. En d’autres termes, tant que vous progressez dans votre apprentissage des méthodes de travail, vos notes et classements importent peu, mais paradoxalement c’est l’un des seuls indicateurs dont vous disposez pour faire le suivi de votre apprentissage.

Concrètement, apprenez à travailler dans un rythme convenable. Assistez aux cours et soyez attentifs, notez tout le cours et les remarques des professeurs. Le soir même, relisez votre cours pour vous assurer que vous n’avez rien raté ou pour revoir les points vus rapidement. Ensuite, si vous avez le temps, prenez votre TD et commencez à faire les exercices que votre professeur a recommandés. S’il ne l’a pas fait, commencez par les premiers exercices. Le but étant d’appliquer votre cours (vos nouveaux outils : théorèmes, propositions, définitions, corollaires, propriétés, méthodes de calcul, …) de manière directe. Vous devez vous assurer que vous avez saisi l’utilité de chacun des éléments de votre cours cités plus haut, car ceux-ci seront vos armes pour résoudre tout exercice lié à ce chapitre.

Quand vous aurez passé cette étape, approfondissez votre maîtrise du cours. Faîtes des exercices moins évidents que les applications directes, qui nécessitent un peu plus d’astuces ou d’expérience.

Pour parvenir à résoudre les exercices les plus difficiles, il faut de la persévérance. Vous n’y arriverez jamais si vous ne tentez qu’une seule idée. Ainsi, si on vous demande de montrer qu’une matrice non nulle n’est pas inversible, vous avez plusieurs manières d’intervenir : trouver une autre matrice non nulle avec laquelle le produit est nul, ou encore trouver un vecteur non nul tel que son image par la matrice est le vecteur nul ou raisonner par l’absurde et faire intervenir l’inverse de la matrice pour contredire certaines autres hypothèses, ou permettons-nous même une folie juste pour vous montrer le nombre de possibilités : supposer que c’est vrai pour une certaine dimension n, et montrer que cela implique sa vérité pour la dimension n-1, puis vérifier que le cas n=1 ou n=2 n’est pas vrai, etc… Là c’est un peu simple comme exo, mais de manière générique, mêmes pour les oraux ENS les plus compliqués, il vous faudra d’abord assimiler l’énoncé. Si c’est facile, vous y arriverez dès les premiers coups, sinon il faut s’essayer sur des cas particuliers (des dimensions petites par exemple) pour comprendre chacune des hypothèses et ensuite vous faire une idée sur l’approche de résolution. Avec de l’expérience, vous verrez que les situations deviennent similaires, et en assimilant l’énoncé (en le traduisant en paroles par exemple, c’est ce que je faisais quand je perdais espoir face à certains oraux légendaires) vous verrez rapidement défiler dans votre esprit des manières pour résoudre l’exercice, tant vous aurez déjà vu tellement de situations. Faîtes-vous confiance, et essayez vos solutions une par une.

Je ne sais pas si vous en avez conscience, mais je viens de vous montrer comment résoudre n’importe quel exercice de mathématiques. Encore faut-il cocher les cases « J’ai suffisamment d’expérience », « Je me fais confiance » et « Je ne baisserai pas les bras », et c’est ce que vous essayerez d’apprendre à faire naturellement pendant votre première année. Si vous y arrivez, vous êtes prêts pour n’importe quelle épreuve de Mathématiques.

  • Physique

Pour la Physique, il est davantage question de connaître son cours car celui-ci est plus volumineux et les exercices de Physique font presque toujours appel au cours dans un premier temps.

Outre la connaissance du cours, vous allez devoir nourrir votre esprit physique. Mais alors, qu’est-ce que ça pourrait bien signifier esprit physique ? C’est en fait votre capacité à prévoir qualitativement le résultat d’une expérience physique sans faire de calculs. Dans le plus haut niveau d’un candidat, celui-ci est capable dans un premier temps à comprendre l’énoncé, à identifier le phénomène mis en jeu, et à le relier à son cours. Une fois arrivé ici, il pourra prévoir qualitativement le résultat car il connaît très bien son cours. Ensuite, il faudra faire les calculs pour trouver des valeurs numériques et confirmer ou rejeter vos prévisions initiales. Dans le cas où vos prévisions initiales ne sont pas correctes, essayez de comprendre pourquoi, vous trouverez des choses intéressantes !

L’esprit physique est l’esprit du candidat qui prend goût face à un problème, et ne sort pas tout de suite les armes calculatoires. Figurez-vous que vous pourrez faire un nombre incroyable d’exercices infiniment difficiles en Mathématiques juste en vous imprégnant de la manière de raisonner en Physique. L’intuition est une vraie arme sans égal. Vous devez la cultiver pendant vos deux ans, dans n’importe quelle matière scientifique.

  • Sciences Industrielles pour l’Ingénieur (S2I)

Si vous en faîtes une alliée, la SI est une matière qui peut vous être utile aux concours et éventuellement vous rapporter gros. De plus, elle ne requiert pas un grand investissement de temps, comme ce pourrait être le cas pour les Mathématiques.

En réalité, les épreuves se font de cette manière : on vous présente un système, on vous explique ensuite les objectifs pour lesquels ce système est créé, on vous donne le cahier de charges que doit respecter le constructeur. Tout au long des différentes sections, vous ferez des calculs utilisant des techniques vues en cours qui vous permettront de dire si oui ou non le cahier de charges est respecté. On peut ensuite vous proposer des alternatives pour résoudre d’éventuels problèmes.

Concrètement, vous aurez besoin alors de maîtriser les techniques et théorèmes du cours. C’est une matière à caractère pratique : il suffit de pratiquer la SI, il ne faut pas vraiment comprendre les choses dans leur profondeur. Ainsi, il faut être attentif en classe, revoir son cours le soir, faire tous les TD du prof, être attentif à la correction des TD, être concentré et attentifs aux calculs pendant les DS. Cela est largement utile pour cartonner dans toutes les épreuves de SI.

  • Français

L’été de passage en spé est assez similaire à celui de passage en sup, dans le sens où il faut surtout se reposer et ne pas trop travailler. Cette fois-ci, la lecture des œuvres de français est impérative. Vous devrez avoir déjà assimilé les techniques de dissertation en première année, vous vous contenterez de les appliquer aux nouvelles œuvres. C’est pour cela qu’il faut davantage se concentrer sur la lecture, aussi profonde que possible des œuvres.

Il me semble qu’il faut multiplier les lectures : Lire les œuvres pendant l’été une première fois rapidement pour saisir le sens global des histoires, puis une seconde fois lentement et annoter vos lectures, et faire éventuellement faire des résumer qui vous rafraîchiront la mémoire pendant l’année. Il me semble ensuite qu’il suffira de se concentrer en cours de français et revoir régulièrement votre cours pour permettre à votre cerveau d’assimiler les citations et passages importants qui serviront à illustrer vos arguments ; il faudra apprendre les citations par cœur. Vous devez relire vos œuvres au mois de Février, cela vous permettra de renforcer votre apprentissage et saisir le sens profond de vos œuvres, vous aurez du recul par rapport aux œuvres, d’où une meilleure qualité d’arguments. Cette fois, il faudra commencer à écrire des fiches. Celles-ci seront vos armes pendant la dissertation : une fiche est une page où figure le nom d’un sous-thème, les idées qu’on peut y développer, et ensuite trois ou quatre exemples et citations tirés des œuvres au programme. Vous devriez avoir une demi-douzaine de fiches dont les thèmes balayent la quasi-totalité des sujets traités par les œuvres. Ainsi, lors de l’écriture de votre dissertation, dans le brouillon, après lecture et analyse de la citation, vous devriez voir où vous pouvez caser votre sujet dans vos sous-thèmes, qui sont déjà prêts. La clé pour le bon fonctionnement de cette technique, est que vos sous-thèmes balayent tous les sujets traités dans les œuvres autant que possible.

  • TIPE

Voir la section dédiée aux TIPE

  • Chimie

La chimie est une matière que vous connaissez déjà, et qui ne sera pas plus compliquée que celle que vous avez déjà connue. Cependant, le programme des deux années est relativement long, et les différents chapitres souvent indépendants (cristallo, atomistique, chimie des solutions aqueuses, thermochimie) : L’impasse est impardonnable en Chimie.

Si vous ne voulez pas vous retrouver muet dans un oral de Chimie qui semble pourtant proche du cours et le regretter toute votre vie, soyez attentifs en cours de Chimie comme en cours de Maths ou plus. Faîtes les exercices de votre professeur, qui seront proches du cours, et vous voilà prêt pour affronter n’importe quelle épreuve de Chimie ; la difficulté étant surtout de connaître tout le cours avec précision. Utilisez également votre esprit physique. En ce sens, la Chimie est à rapprocher de la Physique.

Les épreuves écrites du concours Mines-Ponts constituent un excellent outil de révision et de préparation pour n’importe quelle épreuve de chimie, écrite ou orale.

  • TP

L’unique épreuve de TP est celle du concours CentraleSupélec, et elle peut être déterminante pour le classement final, elle doit alors être sérieusement préparée. Le jour de l’épreuve, on commencera par vous guider dans vos salles puis vous présenter le matériel et les outils logiciels. Ensuite, on vous fournira de quoi écrire et une feuille. Dans celle-ci figurera le sujet et les questions reliées interrompues par des phases où vous devez appeler l’examinateur pour lui expliquer les protocoles expérimentaux que vous avez établis et répondre aux questions oralement. Vous devrez également produire une trace écrite (compte-rendu) et y joindre vos résultats expérimentaux. Il faut savoir écrire un compte-rendu, mais aussi s’organiser pour ne pas le bâcler en toute fin de temps réglementaire. La logique que vous suivrez pour écrire votre compte-rendu n’est qu’un détail, ce qui compte réellement ce sont vos résultats, et il faut d’abord pouvoir en trouver… Cela suppose une préparation effectuée grâce aux différents TP que vous rencontrerez en Physique et en Chimie pendant vos deux ans. Il faut être attentif en séance de TP mais surtout vous y prendre comme si vous étiez à l’épreuve de TP de CentraleSupélec, et donc essayer d’écrire un compte-rendu, ne serait-ce que les grandes lignes.

En général, pour répondre aux questions théoriques de l’épreuve, il me semble qu’une connaissance parfaite des TP-cours de physique, surtout de leur côté pratique, est indispensable et en même temps suffisante. Les TP-cours de Physique sont généralement fait en Optique, mais aussi en Mécanique et Electrocinétique.